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Le zèbre à pois

le zèbreA ceux qui font de la différence une qualité quand une majorité s’en offense.

Il était un zèbre à pois ronds, appelé Zébulon, qui habitait une prairie piquée de baobabs et d’épineux buissons, de tortueux acacias et d’arbres desséchés, aux pieds du grand Ngorongoro, volcan de Tanzanie longtemps ensommeillé, où ce curieux numéro caracolait et broutait auprès de compagnons zébrés, nullement incommodé par sa singularité, fier de ses pois et crin dressé. Read More »

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Le miroir

le miroir magique et la princesse« Miroir, ô miroir, dis-moi que je suis la plus belle !
– Tu devrais le savoir ! répondit le miroir cruel. Nul autre que toi ne pourrait l’affirmer !
– Comment ? s’étonna la princesse orgueilleuse qui, de sa vie, n’avait entendu chose pareille.
– Ta vraie valeur est en toi et tu es bien la seule qui puisse en discuter ! » conclut le miroir avant de se mettre en veille.

La beauté n’est rien de plus qu’un marché, dont la malheureuse princesse fit les frais lorsqu’ elle fut attaquée par les années, pendant son sommeil. Mais, après des pleurs et des dépenses, elle réalisa par chance qu’il faut être content de soi pour s’éclairer, et quelle merveille fut la journée d’après !

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Deux petits nuages

dans les nuagesAux vapeurs, aux buées et au vent
qui étreignent nos cœurs, nous perdent et nous emmêlent
mais ne gâchent jamais l’instant.
A mes grands-parents maternels.

Deux petits nuages firent connaissance dans le grand ciel, un jour très bleu. Ils s’aperçurent au loin, très loin, dans la distance, à la faveur d’un vent délicieux, et eurent envie d’une danse ou deux.
L’un glissait sur le sud, l’autre roulait au nord. Des kilomètres se déployaient devant eux et, malgré leurs efforts, ils ne pouvaient que se laisser porter en espérant qu’un souffle bienveillant leur permette de se rapprocher un peu. Les nuages sont rarement impatients. Read More »

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Le temps libre (extrait)

il est tempsA ceux qui n’ont pas peur du temps
et l’utilisent à bon escient.

Il y a ceux qui attendent et ceux qui marchent, ceux qui remplissent leurs agendas à en perdre du temps et ceux qui en font le moins possible afin d’en gagner, ceux qui apprennent et ceux qui enseignent, ceux qui vivent au travers des autres et ceux qui regardent leur nombril.
Il y a ceux qui partent pour de longs voyages et ceux qui passent leur temps à chasser la poussière, ceux qui pensent au prochain repas et ceux qui boivent pour oublier, ceux qui fument pour tuer les minutes et ceux qui ne cessent de se soigner.
Il y a ceux qui partent et ceux qui les regardent, ceux qui recommencent leur vie cent fois pour ne jamais s’ennuyer, ceux qui n’existent qu’au travers des résultats de leur société, ceux qui créent et ceux qui détruisent, ceux qui n’espèrent que des enfants pour donner un but à leur vie et ceux qui cherchent un but à leur vie avant d’avoir des enfants.
Mais qui suis-je ? Où devrais-je aller ? Que faire de mon temps ?

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La rue des Sept Quêtes (extrait)

sens de la vieA ceux qui passent dans ma rue en chantant,
aux jeunes poètes, aux flûtes et aux dauphins,
à ceux qui écoutent les enfants.


- L’Equilibre -

Un clairon sonna, des tambours frappèrent. Des acrobates sautillaient dans la rue des Sept Quêtes, ils remuaient leurs fifres et oscillaient leurs luths, bougeaient à pas de chats, en avant, en arrière. Des plâtres aux longs nez s’inclinaient, tournaient, se penchaient, saluaient tels des marionnettes désarticulées. Des assiettes virevoltaient au bout de hauts bâtons, des funambules évoluaient sur des échelles symétriques, des bouffons pouffaient dans leurs bulles. Des voltigeurs déliaient leurs gymnastiques en artistes acclamés des rues et des chemins, des jongleurs s’échangeaient des ballons colorés et croisaient des équilibristes qui sautaient à pieds joints sur les murs, légers. Read More »

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L’éphémère

la rivièreAux poètes lucides
et aux secondes qui leur appartiennent vraiment,
à ceux qui se rendent compte que l’espace n’est pas vide,
aux nymphes qui émergent au printemps.

Avez-vous déjà vu l’éphémère avant qu’il ne se meure? L’avez-vous observé? L’avez-vous saisi? Vous êtes-vous senti immortel ou fragile?

La vie est courte quand nous regardons en arrière, les heures ne sont rien, les jours oubliés, les mois s’envolent et les années défilent. La première ride apparaît, nous voyons changer nos mains, nos yeux se mouillent au douloureux souvenir de nos bonheurs passés et personne ne les console parce qu’il est impossible de soigner les regrets, nos lèvres bafouillent ces mots que nous n’avons jamais prononcés quand il est trop tard pour le dire, nous chargeons nos armoires de nostalgies parfumées, de ces morceaux d’amours fanées qui nous font plus joliment sourire que le moment qui disparaît.
Le présent s’enfuit, il court et nous n’aurons jamais le temps. Read More »

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Le livre Les contes de l'oiseau libéré